Œuvre(s) exposée(s) :
PARANA TROPICAL FOLK SYSTEM
LOS PECES CANTARAN, LAS FLORES FUMARAN enciclopedia del naufrago
LOS DIBUJOS DE LA ISLA
Je pourrais écrire comme Enrique Vila-Matas (Le Mal de Montano, éd Anagrama, p.124.): «Walter Benjamin disait que de notre temps la seule oeuvre réellement dotée de sens -de sens critique aussi- devrait être un collage de citations, des fragments, d'échos d'autres œuvres. Moi, à ce collage, j'ai ajouté des phrases et des idées propres, et petit à petit, j'ai construit un monde autonome, paradoxalement étroitement lié aux échos d'autres œuvres. "Cette phrase est à moi. Et j'en ai beaucoup plus. J'ai aussi une collection d'œuvres d'art copiées sur du papier calque qui doit maintenant avoisiner les 1.500 dessins. Peut-être que cela finira par former une encyclopédie. Une encyclopédie sous forme de dessins, bandes dessinées, muraux, installations, conférences, maquettes, une encyclopédie personnelle polymorphe et expéri-mentales. En fait, et peut-être c'est ce qui me parle le mieux de moi et de mon travail, je suis un écrivain qui n'écrit pas. Un écrivain sans livres. Un écrivain qui, étrangement, fait ce qu'il ne devrait pas faire, et copie, dessine, colorie, modèle, plutôt que de se mettre une bonne fois pour toutes à son vrai travail. (Pauline Fondevila, Rosario, 10 Février, 2011)
" Parana Tropical Folk System" est constitué d'une maquette "Loin de tout loin de toi", une vidéo et trois séries de dessins: "Dessins de l'île","L'encyclopédie du naufragé" et "Parana Tropical Folk System"
"Loin de tout loin de toi"est une représentation en trois dimensions de l'action que l'artiste a mené le 6 Juin 2010, dans l'une des îles du fleuve Paraná, en face de la ville de Rosario, en Argentine. Pour ce projet Fondevila a travaillé avec l'écrivain et psychanalyste argentin Agustin Gonzalez, qui a écrit et lu une conférence ce jour-là sur l'île. La con-férence a été conçue comme une série de réflexions autour d'une centaine d'œuvres et d'artistes sélectionnés dans le cadre d'un seul critère: la familiarité avec laquelle Fondevila se rapporte à eux ou à leur oeuvre au sein de son travail habituel. Un choix que l'artiste aborde par l'autobiographie et qui renvoie à des gestes qui rendent possible la création et deviennent des vecteurs d'utopie. Ce fichier-banque d'images qu'utilise Pauline Fondevila est très varié et se réfère à la plupart des cas à des mythes, des légendes, des fantômes, des naufrages, des échecs, des disparitions ... A tout ce qui trace dans une certaine mesure, une dérive vers la dimension «tragi-romantique" de l'art et, par extension, de la vie. De la Spirale de Robert Smithson au voilier inachevé de Marti Anson ou la baleine échouée dans une forêt d'Ushuaia d'Adrian Villar Rojas à l'oeil-ballon d'Odilon Redon jusqu'au dernier voyage de Bas Jan Ader, Fondevila les présente comme partie intégrante de la conférence tout comme un véritable leitmotiv de son travail habituel. L'artiste recon-stitue dans cette installation la scène qui s'est produite ce jour-là, avec le public, le conférencier, la végétation, la plage, etc. dans l'intention de conformer un paysage et de matéraialiser certaines œuvres présentées dans le texte. Ainsi nous nous retrouvons devant le Fitzcarraldo de Herzog observant son bateau gravir une montagne ou le Robinson de Rod-ney Graham Robinson allongé inconscient sur une plage sur l'île. D'autres oeuvres apparaissent aussi pour accompag-ner la scène primitive, l' «Avenir» de Jordi Colomer, un musicien chantant sur le Socle du Monde de Manzoni ou la colonne sur laquelle on retrouve Simon du Désert de Buñuel. C'est un paysage fait de bribes d'autres œuvres, une mosaïque de fragments reçus et remodelés. Un monde autonome, mais paradoxalement liée à l'imaginaire d'autres artistes.
"Dessins de l'île" est une série de dessins accompagnée d'une vidéo. Les images que nous montrernt ces dessins sont en fait le récit de la performance de ce jour-là, dans lequel quatre dessinateurs de Rosario ont été embauchés pour enregistrer par le biais du dessin ce qui est arrivé sur l'île. Fondevila avait interdit les caméras vidéo et les appareils photos, ainsi que l'usage des téléphones portables. De cette façon les dessins deviennent le seul enregistrement et la seule documentation existante. Le film vidéo nous donne à voir une nouvelle fois le territoire de la performance-conférence, et les dessins qui la composent défilent sous les yeux du spectateurs.
"L'encyclopédie du naufragé" Fondevila Pauline a créé avec cette série de 250 dessins una autre oeuvre parrallèle à la propre performance, une autre pièce importante de l'exposition dans laquelle l'artiste dessine une sorte d'ency-clopédie et désigne le naufragé comme son propre alter ego. Habituée à comprendre l'art comme une allégorie au sein de laquelle les utopies reçoivent leur juste récompense, elle voit l'île comme un monde d'élection, dans lequelle le naufragé conférencier, artiste aussi, reconfigure son imaginaire personnel dans cette encyclopédie-journal intime. Ce sont des dessins qui racontent au spectateur 250 jours de la vie du naufragé. Exercice minutieux, ce journal égrenne toute une série de points de l'histoire de l'Art et le fait à la façon des textes enluminés des moines médievaux, même si la source principales de ces images provient d'Internet. Cependant, nous pouvons sentir la lueur de l'histoire envahir le journal comme une ombre. Ce sont des référents qui obligent à réfléchir sur les œuvres et les artistes queu Fondevila mentionne à chaque page: avec On Kawara commence le journal, OCT.23.1989, et termine avec Georges Perec qui lit tranquilement dans un train. Entre deux, le chemin est jonché d'icônes artistique contemporaine, que nous découvrons à mesure que le texte nous raconte le naufrage de l'auteur. Pour lui, la libération de son isolement est tout simplement une autre citation évocatrice, une autre image captivante dans la mémoire collective des amateurs d'art. Une fiction palpable et inatendue qui nous transporte dans une autre réalité.





