en collaboration avec Mathias Schmied, Adriana Garcia Galan et Samuel Labadie.
" BWOOM "
Une compilation d'images envahit les murs. Il y a beaucoup de rock dans cette mosaïque (Nick Cohn).
Bienvenidos a mi casa de suenos. Tout ça n'est que songes comme la vie qui vous rêve (Calderon). Un avocat germé parle des voyages, des flores qui prient pour votre existence précaire. Des signes oblongs, une banane souvenir. Il y a beaucoup d'images du rock dans cette coalition d'échantillon qui projettent de former un échantillon d'une plus vaste scène. Mais ces images séminales pourraient être remplacées par d'autres, autant de commencements que de fins possibles. " My adventures underground " continuent et vous pouvez refaire des dessins sans machines.
Copier /coller sans caméras ni ordinateurs. Après les fragments, les accumulations de débris (Guston), voici le réseau d'acteurs qui déstructurent le livre (Matta-clark) et le projettent sur les choses. Comme tout projet encyclopédique, cette aventure porte un désir subversif, nier toutes raisons simplificatrices ou réductrices des objets, et ici, par-dessus le marché, tout projet de classification. Ainsi ces images pornographiques découpées, des corps prostitués à la fois vendeurs et marchandises. Cette performance produit une carte, en tant qu'elle est collections de signes reliés et produit un territoire, signe de lui-même.
Paradoxes qui se résolvent dans une question posée d'emblée : Où en êtes vous avec vous même ? Où êtes-vous dans cette figure intermittente ?
Le but du jeu n'est pas défini à l'avance, c'est un puzzle sans modèle. L'échange d'emblèmes, tirés de la banque personnelle de chaque artiste, ne se résume dans aucune somme. Le processus de recouvrement/ découverte de " l'endroit " mime l'indétermination actuelle, son résultat est nécessairement incertain. Cette coopération antagonique en couple, trio, quatuor, médiatisée par les productions globales de fantasmes, fonctionne en réseau circonscrit au lieu d'exposition, les dessinateurs sont tous reliés entre eux, il y a un chemin entre chaque figure.
Mais au delà de l'interaction située, chaque producteur amène ses images de plus loin, d'autres rencontres (culture pop, littérature, écologie critique). C'est un petit monde ouvert selon les modèles de " small world " théorisés par Duncan Watts et un mode d'exploration de la mondialisation.
Il y a sans doute une formation commune aux acteurs de cette toile, mais la série complète ne fonctionne pas sans la cinquième personne pour regarder. Il faut que les passants participent au réseau, il faut qu'ils se fassent passe-partout, eux aussi meilleurs du réseau, pour reconnaître les lieux, et se retrouver dans ce dédale. Le groupe de plasticiens est donc ouvert et il n'a pas de nom collectif qui le définirait.
En fait, le groupe n'existe pas, il s'efface avec les traces sur le mur que la peinture blanche viendra recouvrir à la fin de l'exposition. Le groupe n'existe pas, c'est pour ça qu'il est indestructible.
Arnaud Le Marchand Octobre 2004





