Obra(s) expuesta(s) :
L'amour romantique ...
Small Worlds
Trait d’union est une exposition de dessin en deux volets qui s’articulent de novembre 2004 à décembre 2005. Une exposition in progress dont le premier volet s’est déroulé du 5 novembre 2004 au 31 janvier 2005.
La troisième séquence réunit du 7 au 29 mai 2005, François Dezeuze, Armelle Caron et Pauline Fondevila.
Pauline Fondevila présente, au premier étage du CRAC, deux grandes impressions numériques, en couleur, sur bâche. Elles sont apposées sur un ensemble d’affiches en noire et blanc qui constituent la trame de fond et délimitent un espace sur le mur. Le collage apparemment aléatoire des affiches prend la forme d’une carte géographique inachevée. Le contenu de l’affiche, répétée comme un motif, renvoie au contenu de la bâche en premier plan. Neuf nouveaux dessins à l’aquarelle sur papier sont installés sur le mur d’en face. Une édition " Echoesland ", bande dessinée réalisée avec l’illustrateur François Olislaeger, est consultable dans l’espace de l’exposition.
Pauline Fondevila puise la matière de ses dessins dans le travail d’autres artistes contemporains. Elle collecte et mixe des fragments issus de différents champs de création, qu’ils soient d’ordre plastique, littéraire, musical ou cinématographique… mais aussi toutes sortes de matériaux (impressions de pochettes, CD, couvertures de livres, photos issues d’éléments médiatiques…). Elle y intègre des références personnelles qui peuvent provenir de ses travaux antérieurs. Tous les éléments qu’elle articule ensemble et qu’elle compose sur un même plan sont traités numériquement pour être ensuite imprimés sur une bâche. Ce support, entre toile et écran, nous renvoie de manière troublante aux espaces d’expression de la peinture, du cinéma et de la publicité. Dans une bâche intitulée " L’amour romantique a-t-il été inventé pour manipuler les femmes. ", la tente de Tracey Emin côtoie les mannequins de Vanessa Beecroft, une pochette de disque de Gainsbourg et une couverture d’un livre de Philippe Lejeune…
À travers cette démarche de prélèvement, elle revendique de manière radicale le principe du Copyleft, qui ouvre la propriété intellectuelle à tous et permet de s’approprier des éléments extérieurs. Elle réutilise ces bribes d’œuvres exogènes, les décontextualise sans jamais les trahir. Les extraits sélectionnés sont redessinés, redimensionnés, colorisés, souvent détournés de leurs intentions premières. Elle les articule sans hiérarchie de temps et d’espace en un système complexe élaboré par un véritable travail de montage. Elle effectue un " travail de choix, donc, de compilation puis de mixage, de montage et d’arrangement, qui repose sur les mêmes opérations qu’un sample musical. " La particularité de cette démarche se situe dans l’usage de ses appropriations. Elle exploite ces parcelles de mémoire pour bâtir, à la manière d’un architecte, un univers fantastique, onirique, presque hallucinatoire. Ses affiches et dessins décrivent l’itinéraire d’un voyage imaginaire qui témoigne de l’approche personnelle et critique d’une situation culturelle à un moment donné de la construction de l’histoire. Ils prennent alors une dimension collective, s’inscrivent dans une sorte de répétition objectivée du quotidien. Cette démarche désacralise d’une certaine manière les œuvres ponctionnées.
Pauline Fondevila donne une dimension symbolique à sa démarche dans la bande dessinée " Echoesland ", réalisée en compagnie de l’illustrateur François Olislaeger, pendant l’exposition. Dans cet ouvrage, l’héroïne Pauline, se retrouve transportée dans un univers onirique jalonné d’une multitude d’œuvres d’art : sur la planche 4 par exemple, Pauline passe sous un arbre où sont pendus des enfants ( Maurizio Cattelan, Untitle, 2004 ). Cette BD est elle-même inspirée de " Little Nemo in Slumberland ", bande dessinée culte de Winsor McCay, parue au début du XXeme siècle, qui relate les aventures d’un petit garçon propulsé chaque nuit dans un monde imaginaire. Nous retrouvons d’ailleurs ce petit garçon plusieurs fois dans ses dessins.
L’affiche " Encore de l’eau au moulin ??? " fonctionne à la fois comme une proposition de parcours culturel et comme une carte géographique qui mentionne des noms d’artistes sur le même plan que les noms de villes. L’arrière-plan de ce territoire intime figure une topographie régionale librement interpréter.
(1) - Wetterwald Elisabeth, Pauline Fondevila, Édition École Nationale des Beaux-Arts de Lyon, 2005





